Mais au fond, quel est le problème?

L’as-tu déjà remarqué? Tout ce plastique qui flotte, la couleur verte de l’eau, l’absence de nature si ce n’est quelques canards et les occasionnels rats et poissons qui dérivent le ventre à l’air? Peut-être pas car tu l’as toujours connu comme ça, le canal. C’est sûr, il ne s’agit pas d’un endroit sain, encore moins d’un habitat vert pour les animaux. Au contraire, on peut le voir comme un habitat où seules les péniches prospèrent. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous engager pour réintégrer la nature en ville et nous attaquer aux problèmes liés à l’écologie et au changement climatique. Les déchets foisonnent dans le canal, poussés par le vent depuis la rue ou jetés délibérément, les trop-pleins y déversent l’eau des égouts et son lit de béton est des moins accueillants pour la vie aquatique. Il y a de nombreux problèmes mais aussi de nombreuses solutions.

Les solutions auxquelles nous travaillons

Des sorties en kayak pour sensibiliser

Le problème des déchets dans le canal n’est pas connu de tous. Pourtant, quel que soit le jour et l’heure, tu peux toujours en voir flotter sur l’eau au centre de Bruxelles. S’ils ne sont pas repêchés, ils finissent dans l’Escaut et ensuite dans la Mer du Nord. Chaque année 8 millions de tonnes de déchets plastiques arrivent dans les océans via les rivières. C’est un énorme flux de déchets qui, une fois dans l’océan, sont difficiles à récupérer. Pour sensibiliser les gens à cette problématique, nous allons chaque semaine, avec notre kayak et une nouvelle personne, à la pêche aux déchets en plein coeur de Bruxelles.

L’installation d’un bras anti déchets

Le Port de Bruxelles a déjà mis en place plusieurs initiatives pour repêcher les déchets du canal. Mais le problème dépasse leurs moyens. Une nouvelle solution est donc nécessaire. Le canal est avant tout destiné au transport par bateau, ce qui représente un défi additionnel. Comment stopper le flux de déchets sans entraver le passage des bateaux? L’écluse de Molenbeek est donc l’endroit idéal. Ses portes sont fermées la plupart du temps et les bateaux doivent attendre leur ouverture. Nous travaillons donc à la mise en place d’un bras flottant sur toute la largeur du canal qui retient les déchets et les guide sur le côté d’où ils pourront être extraits. Le bras s’ouvrira de concert avec les portes de l’écluse pour laisser passer les bateaux. Clique ici pour plus d’informations. 

Les îles de verdure

La zone du canal au centre de Bruxelles n’est faite que de murs abrupts, gris et stériles. C’est un espace peu accueillant pour les gens et les animaux. Les poissons ont peu d’endroits pour pondre, les oiseaux peu de nourriture et les humains sont tenus à l’écart de l’eau. Nous proposons donc de créer un nouvel environnement grâce à l’installation d’îles de verdure flottantes. Les racines des plantes se trouveraient directement dans l’eau et seraient l’endroit parfait pour permettre aux poissons de se cacher et d’y laisser leurs oeufs. Les îles offriraient aussi un habitat pour les oiseaux et les insectes. Certaines îles pourraient être pourvues de passerelles pour former un petit sentier de promenade sur l’eau. Les plantes auraient également un effet purificateur sur l’eau et elles contribueraient à contrer le problème d’îlot de chaleur. Ainsi, nous rendrions une place à la nature en ville avec les conséquences positives diverses pour les humains, les animaux, la qualité de l’eau et le climat. Clique ici pour plus d’informations. 

L’amélioration de la qualité de l’eau

La qualité de l’eau du canal est mauvaise et celle de la Senne l’est encore plus. Ceci n’est bien sûr pas un secret mais pour en faire nous-mêmes le constat, nous avons pris deux échantillons d’eau et fait une expertise diatomique avec ce beau rapport comme résultat. Les sources principales de cette pollution sont les trop-pleins du système d’égouttage vers le canal et la Senne. Les égouts de Bruxelles sont de type unitaire ou mixte: l’eau de pluie et les eaux usées arrivent dans le même tuyau, ce qui n’est généralement pas le cas en France par exemple. Lors de fortes pluies, les égouts sont saturés et ce mélange finit dans le canal via les trop-pleins, avec les rats et les déchets étant donné qu’ils ne sont pas pourvus de grilles. L’eau de pluie sort ainsi directement de la ville au lieu de percoler dans le sol. Officiellement, un trop-plein peut fonctionner jusqu’à sept fois par an maximum mais à Bruxelles, certains fonctionnent beaucoup plus souvent. Selon la directive-cadre européenne sur l’eau de 2000, tous les cours d’eau doivent être aux normes au niveau écologique et chimique d’ici 2027. Revoir le système des égouts pour séparer l’eau de pluie des eaux usées est une solution extrêmement onéreuse mais le problème des trop-pleins doit être abordé.

Vidéo du trop-plein de Sainctelette en action

Le recyclage des déchets collectés

Le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Entretemps, la majeure partie des déchets plastiques que nous produisons finit toujours dans les incinérateurs. Nous sommes convaincus que nous pouvons faire mieux. Nous réfléchissons donc à une manière créative de recycler le plastique que nous repêchons dans le canal.